Clermont-Ferrand manque-t-elle vraiment de verdure ? Derrière une apparence très minérale dans ses quartiers centraux, la commune compte pourtant 687 hectares d’espaces végétalisés. Une réalité qui mérite toutefois d’être nuancée.
Si on se limite à la place de Jaude et au plateau central, Clermont-Ferrand paraît manquer cruellement de verdure. Mais le végétal semble faire de la résistance sur le reste du territoire communal. Le site Clermont Open Data recense 749 espaces végétalisés, soit une surface de 687 hectares au total. Rapportés aux 4 267 hectares que compte la commune, ces espaces végétalisés représentent 16 % de sa superficie globale.

52 % d’espaces naturels
Mais les données montrent des réalités très disparates. Sur les 687 hectares de verdure recensés, les cinq espaces naturels représentent plus de la moitié de la surface végétale avec 361 hectares (52,2 %). À noter qu’à elles seules, les Côtes de Chanturgues et leurs 305 hectares représentent 44 % de toute la surface végétale. Ces coteaux et zones boisées sont bons pour la biodiversité, mais ne sont pas les plus fréquentés au quotidien par les habitants.

18 % de parcs et jardins publics
Les espaces verts aménagés constituent la deuxième catégorie d’espaces végétalisés à Clermont avec 124 hectares, soit 18,1 % de la nature en ville. Un chiffre que l’on obtient en additionnant les parcs urbains publics (11,4 %), les espaces verts publics de proximité, type squares (5,3 %) et les jardins collectifs (1,4 %). Le plus grand parc reste le parc Montjuzet (23,6 hectares), suivi du stade Leclanché (8,3 hectares) et du parc de la Fraternité (7,7 hectares).

16 % d’espaces verts privés
Les espaces verts collectifs privés occupent une part importante de la surface végétale clermontoise avec 16 % de l’ensemble (110 hectares). Cela peut correspondre à des copropriétés végétalisées, des établissements privés, des résidences avec espaces communs ou encore des équipements non ouverts au public. Ils contribuent à la qualité paysagère de la ville, mais leur accessibilité est différente.

13 % de végétation de voirie
Enfin, les plantations d’accompagnement représentent 13,1 % de la végétation clermontoise, soit près de 90 hectares. Il s’agit notamment des alignements d’arbres, des bandes végétalisées et autres terre-pleins. Ces plantations jouent un rôle majeur dans l’ombrage des rues et participent à l’embellissement des quartiers. Mais elles ne sont pas considérées comme des « lieux de nature » par les habitants.

En conclusion ?
Si l’on considère uniquement la question des parcs et jardins publics, avec 2,9 % de sa superficie globale, Clermont-Ferrand se situe dans la moyenne des grandes villes françaises (3,2 %). Selon l’Isee, la capitale auvergnate fait mieux que Lyon (2,7 %), Strasbourg (2,2 %) ou Nice (2,0 %). En revanche, elle est nettement derrière Dijon (7,1 %), Bordeaux (5,5 %) ou Nantes (4,5 %).
Au-delà de cette comparaison, les données montrent surtout que la nature en ville est très inégalement répartie. Elle est concentrée dans quelques grands espaces naturels, tandis que les parcs et jardins publics occupent une place beaucoup plus réduite. Cela peut expliquer le sentiment de nombreux habitants de manquer de verdure au quotidien.
Avec 687 hectares d’espaces végétalisés, soit 16 % de son territoire, Clermont-Ferrand n’apparaît donc pas comme une ville dépourvue de nature. L’augmentation de la place du végétal demeure néanmoins un enjeu majeur pour limiter les effets des épisodes de canicule de plus en plus fréquents.
Thomas Loret
