Depuis le 21 août, la rue de l’Oradou à Clermont-Ferrand est de nouveau ouverte aux voitures dans les deux sens. Une décision de la municipalité qui suscite des inquiétudes de plusieurs associations, notamment pour la sécurité des cyclistes et piétons.
Le « Retour du bon sens » pour certains, et une source d’inquiétude pour d’autres. Depuis le vendredi 21 août, la rue de l’Oradou est rouverte à la circulation des véhicules particuliers dans les deux sens. Ces derniers mois, cet axe majeur était dédié en priorité aux transports en commun dans le cadre du projet Inspire, mis en place par le précédent maire, Olivier Bianchi.
L’objectif de ce réaménagement, pour la nouvelle majorité, était donc de construire un plan de circulation plus équilibré. « Ces dernières années, la municipalité précédente a imposé aux Clermontois une idéologie anti-voiture qui, pour quelques secondes gagnées par les transports en commun, condamnait des milliers d’habitants aux bouchons chaque jour », indique Julien Bony, maire de Clermont-Ferrand.
Vers une limitation à 30 km/h ?
Une réouverture à la circulation automobile qui inquiète certaines associations clermontoises. « La rue de l’Oradou n’étant plus exclusivement dédiée aux bus et vélos, M. Bony, qui a placé la Sécurité au centre de son programme, doit donc impérativement revenir sur le choix dangereux de son prédécesseur de limiter à 50 km/h », estime la Ligue contre la violence routière du Puy-de-Dôme.

De son côté, l’association Vélo-Cité 63 avance ses chiffres : « Après les travaux, nous avons constaté une modification considérable des parts modales : 220 passages de véhicules par heure (soit 4 fois moins), 120 passages de cyclistes par heure (soit 20 fois plus) et 60 passages de piétons par heure (soit 3 fois plus). Ce rééquilibrage est aujourd’hui menacé ».
Une rue hors du cadre de la loi ?
Toujours selon Vélo-Cité 63, la rue de l’Oradou ne répond plus aux exigences de la loi LOM, qui dispose que les rénovations de voirie soient accompagnées d’aménagements cyclables. Une dérogation reste possible en autorisant les cyclistes à circuler dans des voies dédiées aux bus. Cependant, « Nous ne pouvons nous résigner à cette mise en danger des nombreux cyclistes empruntant la rue de l’Oradou », souligne l’association.
Le collectif cycliste demande au maire de remettre la rue de l’Oradou en conformité avec la loi LOM. Les associations rappellent, par ailleurs, que l’insécurité routière à Clermont-Ferrand a provoqué 17 tués, dont 8 piétons, et 69 blessés graves entre 2022 et 2024. Julien Bony indique que la municipalité sera vigilante sur les questions de sécurité et envisage notamment la mise en place de ralentisseurs si nécessaire.
Thomas Loret
