Les commerces de six communes de Clermont Métropole pourront ouvrir trois dimanches de plus en 2027. Une mesure adoptée par les élus métropolitains, qui a suscité un long débat.
C’était attendu et c’est désormais officiel. En 2027, les commerces de plusieurs communes de Clermont Métropole pourront ouvrir huit dimanches, contre cinq actuellement. Les élus ont approuvé cette augmentation lors du conseil métropolitain du jeudi 24 septembre. La majorité dit répondre à une demande des commerçants, notamment pour répondre à la concurrence du commerce en ligne.
Six communes sont concernées par cette nouvelle mesure : Clermont-Ferrand, Aubière, Cournon-d’Auvergne, Le Cendre, Pont-du-Château et Lempdes. « Les maires ne sont pas obligés d’aller jusqu’à huit. Et c’est une possibilité pour les commerces d’ouvrir et pas une obligation », a précisé Sylvain Casildas, maire d’Aubière et vice-président délégué à l’économie de Clermont Métropole.
« Le choix, ce sera celui de l’employeur »
« La liberté que vous défendez concernant le travail du dimanche, le choix, ce sera celui de l’employeur. Et pour les employés ce sera la liberté de travailler plus pour rien du tout, car il a été démontré que le travail le dimanche produit un étalement de la consommation, mais il ne produit pas d’augmentation de chiffre d’affaires pour les exploitants de divers commerces », affirmait Aliaume Couchard, conseiller métropolitain La France Insoumise.
« Il y a suffisamment de garde-fous »
« Il n’y a pas d’obligation pour les salariés de travailler. Et généralement quand ils le font, ils sont payés double et bénéficient d’un repos compensatoire. Donc, il y a suffisamment de garde-fous pour éviter de tomber dans la caricature », a défendu Julien Bony, maire (LR) de Clermont-Ferrand. Et d’ajouter : « Les commerçants ont des attentes précises. Ils veulent pouvoir prolonger les deux braderies jusqu’au dimanche. Aujourd’hui, ils ne le peuvent pas, sinon ils ne pourraient plus ouvrir les dimanches de décembre ».
« Les gens n’ont plus de thunes ! »
« Ceux qui achètent le dimanche sur internet depuis leur canapé ne sont pas ceux qui iront dans les magasins. En revanche, il faut aider les commerçants à faire leur transition. Ce n’est pas interdit pour un commerçant clermontois de vendre sur internet », indiquait Olivier Bianchi, ancien maire (PS) de Clermont-Ferrand. Et d’ajouter : « Vous oubliez un problème essentiel, c’est le pouvoir d’achat. Vous pourrez ouvrir tous les dimanches que vous voudrez, les gens n’ont plus de thunes ! Donc ils font sauter tout ce qui va être ouvert le dimanche. Donc il n’y aura pas d’effet vertueux de cette mesure ».
Sylvain Casildas a indiqué que la mesure ne concerne que six communes, mais que d’autres municipalités pourront demander à l’appliquer à leur tour. Par ailleurs, le maire d’Aubière assure qu’un bilan chiffré de ses ouvertures dominicales sera réalisé, comme il s’y est engagé lors d’une entrevue avec la CGT commerce et distribution.
La réaction de la CGT
Suite à l’annonce du vote de la délibération par les élus de Clermont Métropole, la CGT commerce distribution et service du Puy-de-Dôme a réagi sur ses réseaux sociaux. Le syndicat dénonce « une attaque contre le repos dominical et les conditions de vie des salariés ». La CGT annonce des rassemblements pour la décision finale devant les conseils municipaux des communes concernées.
Thomas Loret
