La « Colère des sans trains » va se manifester samedi à Clermont-Ferrand

Le collectif « La Colère des sans trains » appelle à manifester ce samedi 30 mai à 14 heures en gare de Clermont-Ferrand pour dénoncer le recul du rail dans le Massif central et défendre les petites lignes ferroviaires.

Lorsqu’on parle de train, il n’y a pas que le Clermont-Paris. C’est ce que souhaite rappeler le collectif « La Colère des sans trains » qui va se réunir devant la gare de Clermont-Ferrand ce samedi 30 mai à 14 heures. À travers cette mobilisation, les représentants de 40 organisations de défense du rail entendent dénoncer l’abandon progressif du train et appeler à reconstituer l’étoile ferroviaire clermontoise.

Cinq lignes fermées en vingt ans

Ces dernières années, la desserte fine du territoire a tendance à se réduire. En 20 ans, cinq lignes de train ont fermé en Auvergne : Lapeyrouse-Volvic en 2007, Montluçon-Eygurande-Merlines en 2008, Eygurande-Merlines-Laqueuille en 2014 (coupant les liaisons Clermont-Brive-Limoges), Laqueuille-Le Mont-Dore en 2015 et Thiers-Boën en 2016 (rompant la ligne directe entre Clermont et Saint-Étienne).

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Les usagers veulent éviter que Clermont devienne un cul-de-sac ferroviaire. Historiquement, la capitale auvergnate était reliée à Lyon, Bordeaux, Saint-Étienne ou encore Nîmes. « Aujourd’hui, quand vous regardez une carte, il y a vraiment ce trou noir du Massif Central où il y a de moins en moins de petites lignes. Et tout le monde tourne autour », regrette Stéphanie Picard, porte-parole des Usagers du train Clermont-Paris.

Stéphanie Picard, porte-parole des Usagers du train Clermont-Paris sur la desserte du Massif Central.

L’un des derniers exemples qui a relancé ce combat fut l’annonce par la SNCF d’un TGV Lyon-Bordeaux passant par Massy, en région parisienne. Une liaison qui évite soigneusement le Massif Central. « C’était assez scandaleux. Alors oui, qu’il y ait un TGV, pourquoi pas ? Mais cela n’exclut pas qu’il y ait une transversale en Intercités. Parce que nous aussi, on voudrait aller en train à Bordeaux », poursuit Stéphanie Picard.

La « Colère des sans trains » va se manifester samedi à Clermont-Ferrand © Thomas Loret
Le manque d’entretien pointé du doigt

Par ailleurs, le manque d’entretien est une autre source d’inquiétude. L’état de dégradation des voies impose parfois aux trains de rouler à 30 km/h. Conséquence, certaines lignes semblent aujourd’hui en sursis. C’est le cas de la ligne de l’Aubrac, qui relie Clermont-Ferrand à Béziers, dont le tronçon entre Neussargues et Saint-Chély-d’Apcher a été suspendu plusieurs fois ces dernières années.

Stéphanie Picard, porte-parole des Usagers du train Clermont-Paris sur l’alternative à la voiture.

Autant de décisions qui suscitent l’incompréhension des usagers, notamment dans un contexte de hausse des prix du carburant. « On voit que les gens ont très nettement réduit leurs déplacements. Il y a cette crise énergétique, il y en aura d’autres. Donc, il faut s’y préparer ». Les associations vont donc profiter de cette manifestation à Clermont-Ferrand pour demander un véritable plan rail pour le Massif Central dans sa globalité.

Thomas Loret

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