Depuis le 21 août, la rue de l’Oradou est de nouveau ouverte aux voitures dans les deux sens. Une décision contestée par deux associations, qui ont saisi le tribunal administratif de Clermont-Ferrand.
C’est un axe routier qui n’a pas fini de cristalliser les passions. Depuis le vendredi 21 août, la rue de l’Oradou à Clermont-Ferrand est rouverte à la circulation des véhicules particuliers dans les deux sens. Une décision prise par l’actuel maire, Julien Bony, pour réduire les bouchons. Ces derniers mois, cet axe majeur était dédié aux transports en commun dans le cadre du projet Inspire, mis en place par l’ancien maire Olivier Bianchi.
Or, la mesure ne fait pas l’unanimité auprès des associations de défense des mobilités douces, notamment les transports en commun, mais aussi le vélo. Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a donc été saisi le 11 septembre 2026 par l’association Vélo-Cité 63 et l’Association des Usagers des Transports en Auvergne (AUTA). L’objectif, obtenir l’annulation des arrêtés du 19 août 2026.
La compétence du maire contestée
« Tout d’abord, le Maire de Clermont-Ferrand n’est pas compétent pour revenir sur le projet InspiRe, porté par la métropole. Le projet InspiRe a été porté par Olivier Bianchi en tant que Président de Clermont métropole. Or, ce que la Métropole a construit, le Maire ne peut le détruire », indique le collectif dans un communiqué commun, rappelant par ailleurs que « la Métropole bénéficie d’une compétence de plein droit en ce qui concerne l’organisation des mobilités ».
Par ailleurs, les militants soulignent le manque de concertation avant la prise d’une telle décision. « Le projet InspiRe a été mené à bien au terme d’une procédure administrative, avec notamment une enquête publique. Le Maire de Clermont-Ferrand ne pouvait pas décider de rouvrir la rue de l’Oradou à une circulation de transit en faisant l’économie d’une procédure similaire ».
Une décision jugée illégale
Enfin, cette décision de la municipalité ne serait pas en conformité avec la loi d’orientation des mobilités (LOM). « Cette dernière impose de prévoir, lors de travaux de rénovation de la voie publique, des aménagements cyclables ou des itinéraires alternatifs, ce qui n’est pas le cas ici. La voie bus partagée avec les vélos permettait jusqu’ici de satisfaire cette obligation, par une dérogation que la loi prévoit expressément ».
Pour justifier sa décision de saisir la justice, Vélo-Cité 63 avance aussi ses chiffres. Selon l’association cycliste, la transformation de la rue a porté ses fruits. La création de ligne de bus en site propre a permis une forte fréquentation (+76% sur les 6 premiers mois de l’année). À noter aussi que le flux de circulation des cyclistes est passé de 1% en 2020 à 29% selon un comptage effectué le 30 juin 2026.
Thomas Loret
